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Le bruit et la fureur

Le bruit et la fureur samedi 11 janvier à 17h00 Institut Français de Tlemcen

14-18, Le Bruit et la fureur, Jean-François Delassus. Ce documentaire fictionné sur la Première Guerre mondiale défend la thèse historiographique du «consentement» des peuples au conflit.

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Le film de Jean-François Delassus est bien fait. Et pas seulement d’un point de vue technique, la qualité des archives, leur colorisation. Pour ça, on a le film Apocalypse, récent succès d’audience télé et de ventes de dvd, mais dont le sérieux historique laisse franchement à désirer. 14-18, Le Bruit et la fureur mène habilement sa narration, formule des raisonnements, nous invite à réfléchir sur la Grande Guerre.

La voix off est celle d’un narrateur fictif, un ancien combattant qui revient sur ses quatre années de guerre, après coup, et après avoir beaucoup lu et réfléchi. Mais ce narrateur semble avoir lu les ouvrages d’une seule école historique : celle d’Annette Becker – conseillère scientifique du film. Elle défend la « théorie du consentement », formulée explicitement par le film : «Alors on décrit beaucoup trop souvent 14- 18 comme le conflit imposé à la troupe, c’est-à-dire subi. […] Mais la vérité est différente, notre guerre à nous est librement consentie.»

Une année 1917 tronquée

L’argument principal est de dire que les souffrances ont été telles pendant la guerre, qu’il fallait bien que les populations soient volontaires, plus ou moins consciemment. L’historien Frédéric Rousseau, président du CRID 14-18 et auteur de La Guerre censurée (Seuil), il mène l’école historique adverse, leur répond : «Le consentement se construit socialement, via la pression du groupe et l'attachement aux camarades, par exemple, bien au-delà des seuls gendarmes et des cours martiales. Les mutineries ont quand même concerné les deux tiers de l'armée française.»


Le Bruit et la fureur est composé en grande partie d'archives colorisées et sonorisées. ©DR

Pour coller à sa théorie, le film va jusqu’à déformer les événements, ou les présenter de façon pour le moins discutable. L’année 1917, celle qui vit de grandes révoltes sur tous les fronts, qui débouchèrent sur deux révolutions en Russie, est présentée de façon tronquée, on nous y montre longuement les soldats en permission faisant la fête. La révolution russe est à peine évoquée, et bien longtemps après les révoltes, comme s’il s’agissait d’événements parfaitement indépendants. Une autre révolution, celle des soldats et des ouvriers allemands en 1918, qui précipita l’armistice du 11 novembre, est quant à elle passée sous silence.

On peut voir ce film. Mais on s’étonnera qu’il cherche, comme toute l’école d’historiens qui l’inspirent, à se prétendre novateur, voire à contre-courant du politiquement correct. Les films antimilitaristes ou pacifistes – Un long dimanche de fiançailles, Joyeux Noël – connaissent certes un succès véritable. Mais, depuis 1918, des monuments aux morts bellicistes jusqu’aux voix dominantes à l’université encore aujourd’hui, la mémoire officielle de la grande guerre est restée aux mains de ceux qui accordent bien peu de place à l’histoire des masses, des petits acteurs de l’histoire.

 

 

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